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Mur de Silence (26/26)

40 ans d’attente dans un lieu inhospitalier, où rien ne pousse, si ce n’est le désespoir de toute une population. Les sahraouis sont désormais synonymes de patience et d’abnégation. L’attente commence alors que la guerre du Viêt-Nam vient de se terminer dans un fiasco de deux décennies, alors que les émeutes de Soweto en Afrique du Sud éclatent en pleine apartheid, alors que la Guerre des Etoiles de Georges Lucas sort dans les cinémas du monde entier et que Valéry Giscard D’Estaing est à l’Elysée depuis 2 ans. 40 ans, c’est long. Les heures, jours et semaines ne s’écoulent pas au même rythme qu’ailleurs, la théorie de la relativité d’Einstein n’a jamais semblé aussi vrai que dans le plus vaste des désert. Toutes ces années n’auront accouchées que d’un mur « de la honte », encore un, de 2’700 km séparant les sahraouis de leur terre, considéré comme la zone la plus miné au monde et construit par le Maroc entre 1980 et 1987. Comme si les murs pouvaient résoudre leurs problèmes, nos problèmes. Toutes ces années pour une maigre promesse de referendum à l’autodétermination, au point mort depuis 25 ans pour des histoires de recensement onusien et de mauvaise fois marocaine. Il faudra encore attendre. La dernière colonie d’Afrique a le malheur de posséder trop de richesse dans son sol et pendant que certaines multinationales (Glencore en Suisse) mènent leur business habituel, d’autres meurent en silence et dans l’indifférence au coeur du désert. En octobre dernier, des pluies torrentielles se sont abattues pendant 11 jours de suite sur les camps. Aux difficultés quotidiennes est venue s'ajouter la destruction de milliers de maisons, magasins et écoles. La famille qui nous héberge n'a pas échappé aux dégâts causés par les inondations. Père et filles nous racontent comment, après plusieurs jours d’intempéries, ils ont été contraint de se réfugier sur une colline pour se mettre à l'abri. A leur retour, une partie de leur maison s'était effondrée. Il ne reste plus qu'à tout reconstruire. Ici, le provisoire se mue en éternel recommencement. La jeunesse sahraouis s’impatiente et une partie d’entre-elle souhaite un retour au conflit armée, alors que les anciens ne veulent plus vivre les affres de la guerre et prônent, malgré les années, une approche pacifique du conflit. A la suite des inondations, quelques plumes isolées sont venues rappeler au reste du monde l’existence de ces réfugiés sahraouis survivant au milieu du désert, dans l’attente d’un improbable retour sur leurs terres. Puissent ces voix contribuer à briser le silence entourant le sort de la « dernière colonie d’Afrique ». En collaboration avec Guillaume Bégert

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